Méry-sur-Seine : 150 nids pour les hirondelles de l'Ehpad
L'essentiel
- Un arrêté préfectoral du 20 octobre 2026 autorise l'Ehpad Résidence Delatour, 17 avenue Clotilde Delatour à Méry-sur-Seine, à retirer les nids d'hirondelles de fenêtre fixés au niveau des ouvrants des chambres.
- En contrepartie, l'établissement doit poser 75 nids artificiels avant mars 2027, 75 autres à partir de juillet 2027, et bâtir un préau dimensionné pour 120 nids.
- La dérogation court du 1er octobre 2026 au 1er mars 2029 ; le suivi scientifique, lui, va jusqu'en 2036.
Des nids juste au niveau des fenêtres
L'hirondelle de fenêtre, Delichon urbicum, est une espèce protégée : détruire ses sites de reproduction est interdit. La maison de retraite a pourtant obtenu le droit de le faire. La raison tient à l'emplacement de la colonie, installée au droit des ouvrants des chambres des résidents et des locaux administratifs. L'administration retient deux motifs : les fenêtres deviennent difficiles à utiliser, et les déjections posent un problème d'hygiène pour des personnes âgées vulnérables. La demande avait été déposée le 27 mai 2026 par l'établissement.
Un feu vert assorti de contreparties
Le conseil scientifique régional du patrimoine naturel du Grand Est a rendu le 5 août 2026 un avis favorable sous conditions. La consultation du public menée sur le site internet de la Dreal Grand Est, du 7 au 22 août 2026, n'a recueilli aucune observation ; la même procédure de participation électronique s'applique à d'autres dossiers du département, comme la centrale agrivoltaïque de Magnant. L'arrêté a été signé à Châlons-en-Champagne par Rémi Saintier, adjoint à la cheffe du pôle espèces et expertise naturaliste.
Le retrait des nids est étalé sur trois ans, pour laisser la colonie se déplacer : façade de la cour intérieure à partir d'octobre 2026, façade ouest à partir d'octobre 2027, derniers nids naturels à l'automne 2028. Après chaque retrait, des parois lisses empêchent la réoccupation, tout système à pics étant écarté. Des herbes sèches seront laissées au sol près des bâtiments pour que les adultes trouvent de quoi reconstruire.
Cent cinquante nids et un préau de quatre mètres
En face, l'Ehpad doit installer un total légèrement inférieur à 150 nids artificiels sur les bâtiments, par séries de 75, en visant d'abord les caches-moineaux, les encadrements de fenêtres et les secteurs sous toiture. S'y ajoute un préau conçu pour l'espèce, d'au moins quatre mètres de hauteur libre sous plancher et dimensionné pour 120 nids, à construire en 2027 ou au plus tard en 2028. À sa mise en service, il n'en comptera que 90 au maximum : les emplacements laissés libres doivent permettre aux oiseaux de bâtir eux-mêmes. Un dispositif de repasse sonore, coupé dès l'arrivée des premiers couples, doit amorcer l'installation.
Ce qui vient ensuite
Un rapport d'occupation des nids est dû chaque année entre mai et juin, avant la phase de travaux suivante, et le chantier doit être signalé à la Dreal dans les 15 jours suivant son démarrage. Un suivi scientifique à deux passages annuels est prévu en 2027, 2028, 2029, 2031 et 2036, chaque rapport devant parvenir au service avant le 31 mars de l'année suivante. L'arrêté, consultable gratuitement dans le recueil des actes administratifs n°250 du 20 octobre 2026 sur aube.gouv.fr, peut être contesté devant le tribunal administratif de Troyes dans un délai de deux mois à compter de sa publication, par courrier ou sur telerecours.fr. D'autres arrêtés encadrent la faune dans le département, comme le calendrier de chasse en forêt à Longchamp-sur-Aujon. Prochaine échéance : le 1er mars 2027, date à laquelle les 75 premiers nids artificiels devront être en place.
Sources
Les documents et les personnes sur lesquels repose cet article.
- Préfecture de l'Aube, arrêté n° 2026-DREAL-EBP-0153 du 20 octobre 2026, RAA n°250 — Préfecture de l'Aube, arrêté n° 2026-DREAL-EBP-0153 du 20 octobre 2026, RAA n°250 (consultée le 23/10/2026)